56-Bonjour de bretagne

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56-Bonjour de bretagne

Message par Avecdrine » 15 Mars 2012 10:50

Bonjour à tous,

Je m'appelle Sandrine, j'ai 45 ans. Je vis en Bretagne centre depuis quelques mois et depuis mon arrivée, je revis.
En attendant de trouver la maison de mes rêves, et surtout le "jardin" de mes rêves, je glâne des informations de ci, de-là, sur le net principalement

J'ai un projet de reconversion professionnelle (je viens du monde informatique :( ), alors j'ai pris contact avec un centre de formation pour passer un BPREA maraîchage bio. Prochaine rentrée : septembre.

Ma quasi totale inexpérience en matière d'agriculture fait douter le centre de formation (ça se comprend). De mon côté, j'ai envie d'être sûre qu'un BPREA correspond à mes besoins.
Alors voilà, il faut que je valide ce projet. Et je ne connais personne de "bio" dans mon entourage qui peut me renseigner suffisamment.

Je suis donc à la recherche de personnes qui acceptent :
- de me parler de la pertinence du BPREA maraichage bio :pasdrole:
- de me montrer "en vrai" leur petit coin de permaculture et/ou d'élevage (chèvres, moutons, abeilles, poules, j'en passe et des meilleurs) (pour étancher ma soif d'apprendre)
- de recevoir un coup de main et même deux (pour que je me fasse une réelle idée du boulot que ça demande) 8|

Au plaisir de vous lire,
Sandrine
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Re: 56-Bonjour de bretagne

Message par Kalipso » 15 Mars 2012 13:37

Bonjour Sandrine !

Bienvenue sur le forum :) J'ai exactement le même projet que toi et c'est la raison de mon post.

Je viens d'arriver comme toi et je ne connais pas grand chose à la permaculture pour le moment. Je peux néanmoins te conseiller deux livres qui sont facile à trouver sur internet : Permaculture 1 & 2 de Bill Mollison & David Holmgren. Si tu cherches bien, il y a beaucoup de pdf disponible sur la culture naturelle..

J'ai cru comprendre via le forum et le responsable de la formation BP REA maraichage de ma région que la permaculture est au stade "expérimental". Donc un projet d'exploitation agricole en permaculture c'est pas super bien vu pour le moment (et que ce soit du côté des permaculteurs que des agriculteurs). Franchement j'ai de plus en plus de mal à voir la différence entre culture naturelle et permaculture. Certains pourront te faire des listes grandes comme ça mais c'est plus une conception du savoir pour se battre et dire qui est le plus écolo et respectueux de la nature.. Je dois surement me tromper mais je suis parfois choquée de ce que je peux lire.. Après tout.. les principes, savoir faire et autres qu'on utilise dans notre jardin ou champs (etc) nous est légué par nos ancêtres et ainsi de suite. Nous n'avons rien inventé du tout, simplement remis au gout du jour en modernisant ce qu'on nous avions déjà acquis depuis des générations. Ce qui m'a mi la puce à l'oreille c'est que "permaculture" est une marque déposé par le Permaculture Institue en Australie (à voir si c'est juste le livre ou vraiment le concept scientifique) et je cite wiki "La permaculture est une science systémique qui a pour but la conception, la planification et la réalisation de sociétés humaines écologiquement soutenables, socialement équitables et économiquement viables. Elle se base sur une éthique, dont découlent des principes et des techniques permettant une intégration des activités humaines avec les écosystèmes." du communisme écolo non ? En gros on se prends la tête parce qu'on est pas d'accord sur les définitions de nos sciences et on fait rien du tout pour changer en attendant ! Je ne fais pas un procès aux personnes présente sur ce forum mais bien aux responsables de notre gouvernement qui ont depuis longtemps les solutions (comme nous tous) mais qui ne les appliquent pas. Le temps passe et la seule chose qui nous reste c'est de nous taquiner (voire bouffer le nez) pour savoir qui est mieux que untel..

Je suis pourtant optimiste sur notre projet. Seulement il faudra commencer à notre échelle et ne pas espérer devenir multi-milliardaire. Il existent encore des exploitations naturelle voire bio (nouvelle mode bientôt dépassé par la permaculture ?). J'ai contacté l'ARDEAR de ma région (c'est une association alors je ne sais pas si il y en a partout en France mais il me semble) qui m'a donné quelques numéros d'exploitant qui ont plus ou moins l'habitude de recevoir des stagiaires. Tu peux récupérer des conventions de stage découverte au pôle emploi si tu es inscrite. Ah j'oubliais, il y a aussi la chambre d'agriculture régionale (a vérifier) qui organise des stages intéressant pour des projets comme le notre "de l'idée au projet" etc..

Pour finir je dirais que ce qui me choque le plus c'est qu'on se présente pour une formation et qu'il faut déjà avoir une expérience soit disant "minimum" pour qu'on s'intéresse à toi.. Si la vie était aussi facile ça se saurait !

Cordialement,
Kali.
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Re: 56-Bonjour de bretagne

Message par autrevie3 » 15 Mars 2012 14:45

étant plus primitiviste et perfectionniste,la permaculture est moins bonne consommatrice et vise plus le long terme en créant un système complexe ou il y a des interactions;
Pour l'instant,les gens boudent les info agricoles alternatives.
Ca fait trop extraterrestre pour des gens qui n'ont l'habitude que de consommer ce qu'ont leurs met sous le nez,ou qui pensent tout savoir en sortant d'écoles conformistes.
alors il y a l'orthodoxie en PMC,des techniques d'agricultures naturelle dans un mélange de philosophie et conceptes et évite les sujets originaux pas assez mondanisé.
la PMC restera marginale jusqu'a ce que les quelques lieux qui se bougent prendrons de l'âge,ou que l'institue se borne à démontrer ce qui est avancé comme une potentiel avancé...mais je crois qu'il y a des égos et du dogmatisme bien placé pour que rien ne change.
un lieu potentiellement finit (d'apres mollison) ca prend 3 générations (en milieu tempéré)
ca prendra un temps considérable,y a pas grand monde,pas grand fond,pas grande fédération...les gens sont frustrés,ils veulent visiter des lieux de permaculture,sorte de parc d'attraction pour se motiver à se lancer...
un lieux commence le plus souvent par faire survivre une famille qui souhaite s'échapper de la grande secte.
le temps que ca touche les voisins,voir une présence amapienne ou pas sur les marcher,ca va prendre une chier de temps...en gros,c'est pas la peine de s'y intéresser si c'est dans la hâte que tu espère t'intégrer à la grande secte. (extrêmement demandeuse) ou avoir un minimum de reconnaissance...le bio à une époque à du se coltiner les pro-mondain qui usent de l’agriculture d'apres guerre que l'ont peux qualifier de regressive écologiquement,par l'abandon des jachères.
les gens qui ont raison finissent seul,c'est bien connu.
le temps que la PMC soit reconnu...bah...c'est pas demain la veille!
autant laisser une minorité porter quelques flambeaux qu'un jour certaines lois castratrices des mains salles (agricole et ouvrière) soit abrogé,et qu'ainsi,l'université populaire enfantes des ingénieur agronomes new age, adapté à la situation catastrophique actuelle,fruit de l'empirisme pour la croissance économique.
le vers est dans la pomme,forcément,alors il faut aller aux pommiers.
autrevie3
 

Re: 56-Bonjour de bretagne

Message par moilamain » 15 Mars 2012 22:02

autrevie3 a écrit :les gens qui ont raison finissent seul,c'est bien connu.

ah ah ! ça me va droit au cœur ;)

Kalipso a écrit :Franchement j'ai de plus en plus de mal à voir la différence entre culture naturelle et permaculture.

Tu veux dire agriculture naturelle ? celle de Fukuoka ?
Alors la différence peut être ça :
- permaculture (agriculture permanente), c'est une agriculture planifiée, des systèmes agricoles dans lesquels les éléments sont en interactions comme dans un écosystème, dans lequel on considère les éléments dans toutes leur fonction (on ne leur demande pas une production unique), un système dans lequel l'arbre est primordial, les plantes pérennes sont favorisées, les différents types de culture sont intégrées (sylvi, maraich, élevage, horti, champi, etc.), c'est des systèmes qui reproduisent des cycles naturels, c'est des systèmes qui génèrent eux-mêmes l'énergie qu'ils utilisent (pas d'intrant), c'est de la culture intensive car copié sur les écosystèmes (les meilleurs exemple d'utilisation optimale de l'énergie solaire et des nutriments)
- agriculture naturelle (de Fukuoka), c'est cultiver en mettant ses cultures dans un milieu qui ressemble le plus possible au milieu naturel. C'est une philosophie où on enlève les actions inutiles (d'où les principes pas de travail du sol, pas d'engrais, pas de machin pas de truc) alors qu'en conventionnel on ajoute des actions (une maladie -> un produit phytosanitaire, une concurrence -> un désherbage, etc.).

Différences et point communs :
l'agrinat est extensive, la perma voit son degré d'intensité en fonction du zonage, intensif en zone central, extensif en zone extérieure.
On peut donc intégrer de l'agrinat dans un système permacole en zone intermédiaire
- la philosophie est la même : faire avec la nature et pas contre elle, mais les résultats et les objectifs sont différents : agrinat = non-agir (plutôt yin) perma = agir (plutôt yang)
- la perma c'est de l'aménagement humain, l'agrinat c'est du laisser faire naturel, aménagement obligatoire en permaculture (sinon c'en est pas), aménagement superfl en agrinat
- la perma on la met en place pour les générations futures, l'agrinat on le fait pour soi (pour Soi je devrais dire), y'a pas de volonté de construire un écosystème utile aux petits enfants (en dehors de la volonté de préserver la nature telle qu'elle est)
- dire qu'on cultive en perma, ça veut rien dire, il n'y a pas de technique de culture relative à la permaculture, si vous lisez dans un livre de Mollison qu'il ne faut pas travailler le sol pas désherber, pas machin pas truc, c'est qu'il y a à côté une référence à l'agrinat de Fukuoka. La plupart des maraicher en permaculture que je connais travaille le sol (avec leur cheval, mais travail le sol quand même...)
moilamain
 

Re: 56-Bonjour de bretagne

Message par Avecdrine » 16 Mars 2012 09:13

Merci kalipso, je me sens moins seule.
Mais si je cite autrevie, du coup, ça voudrait dire que j'ai un peu moins raison ? :] ::d

Sympa autrevie et moilamain de m'avoir souhaité la bienvenue... euh... non, d'avoir surtout réagi au propos de Kali
Bof, je ne me formalise pas plus que ça.

Bref, perma ou naturel ou simple bio, ce qui m'intéresse c'est de rencontrer en vrai des gens qui font quelque chose qui se rapproche le plus possible du naturel-perma-bio-écolo, quel que soit le nom qu'on lui donne. Et d'avoir un max d'infos et de pratique pour me lancer à mon tour.

La société, l'Etat, j'en ai déjà une opinion peu flatteuse. Et je ne suis pas du genre à m'investir dans une "secte" style "c'est moi qui ai raison plus que tout le monde" ou style "je ne veux rien savoir des autres". Sur cette Terre, chacun fait comme il peut avec l'éducation-lobomisatrice qu'il a reçue.

L'ouverture d'esprit, l'échange et l'optimisme, c'est bien plus intéressant et constructif que des discours comme "la société est pourrie", même si c'est vrai à 99%
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Re: 56-Bonjour de bretagne

Message par autrevie3 » 16 Mars 2012 10:49

faut bien s'indigner pour se motiver à agir sinon c'est vivre pour sois...

le dernier message de moilamain est tres interessant,nous en avons même appuyé l'aspect en montrant du doigt que les engrais chimiques etc n'étaient pas "interdit" en permaculture....même si ne pas avoir à les utiliser tombe sous le sens d'un avenir proche ou l'ont va pouvoir s'en passer.

et le message au dessu est juste également (de mon point de vus,bien sur)

c'est pas grave les prises pouvoir qui résultent des points de vus,c'est le mouvement naturelle des choses. entre humeur bacterienne et virus virulent....
l'avantage des border lines c'est qu'en déstabilisant l'autre il doit trouver 'son' équilibre,intégrité...qu'il n'a pas eu tjs eu le temps d'avoir à temps.
Un pellerinage avec à sa tête un sage devait se scinder en deux groupes et le sage choisit la personne la plus désagréable,son groupe ronchonna,et lui répondit que c'est en côtoyant la difficulté que l'ont s’anoblit.
un peu comme le proverbe qui dit que point n'est vertu que pauvreté ne gâte.
etc
oui une fois j'ai dis shiva au lieu de kali c'est ca l'histoire?
toute façon personne ici n'a la prétention de détenir tout le savoir culturelle de la Permacultuee,c'est ensemble que nous nous accordons à dire ce qu'elle est,ce qu'elle forme,intégère et moilamain viens de nous pianoter ce texte tres éloquent sur de nombreux détails croustillant.(l'individualisme etc)
je pense qu'il faut le mettre en évidence...je vais le copier coller dans mon fil d'ailleurs comme ca j'aurai pas à le chercher.
autrevie3
 

Re: 56-Bonjour de bretagne

Message par Kalipso » 16 Mars 2012 16:16

Je suis tout à fait d'accord avec autrevie qd il dit que les infos agricoles alternatives sont souvent bouder voire boycotté ! C'est pour ça que j'ai réagis de manière si virulente. T'as des rêves pleins la tête et on vient comme d'habitude souiller tes espoirs avec des acquis préhistoriques ! Personnellement je ne suis pas un exemple de vertu. Je me bats avec moi même depuis mon enfance et aujourd'hui je suis toujours une consommatrice passive et j'aurai tendance à me montrer du doigt pour toutes les actions pourries que je fais encore (mcdo, coca). De venir vivre en ville c'est la pire bêtise que j'ai pu faire mais pour faire des études dites supérieures il y avait pas le choix !

J'ai tendance à faire comme autrevie (m'exprimer même si mes idées paraissent loufoques), hurler sur les toit que la fin du monde est à nos portes et que nous devons enfin murir dans nos tronches pour passer à autres choses.. En gros pour moi la permaculture est l'alternative qu'on propose en notre temps.. J'aime beaucoup lire et j'ai vu bon nombre de proposition sur la manière de vivre en harmonie avec notre monde mais aucune mise en œuvre sur une échelle globale sauf malheureusement le conformisme et l'opportunisme. J'ai peur de voir l'espoir que j'ai mi dans la permaculture partir une nouvelle fois en fumer parce que l'homme est trop cupide, trop bête pour comprendre que c'est un début de solution à son problème..

Si nous prenions tous ce chemin, il faudrait vraiment 3 générations pour qu'un lieu soit "potentiellement fini" autrevie ? Désolé mais c'est un cri du cœur, j'en peux plus et c'est la seule solution que j'ai trouvé pour lutter.. l'agriculture, la terre.. Ce qui me frustre le plus dans la vie c'est d'entrevoir le paradis sans trouver le moyen de le montrer aux autres (les aliénés).. Tu dis Avecdrine que ça ne t'intéresse pas d'être pessimiste mais tu es obligé de subir cette société et de faire avec dans ta vie. Si tu veux t'installer dans ce domaine c'est bien pour lutter, c'est un acte politique et c'est la qu'on retrouve l'optimisme.

Autrevie tu dis que les engrais chimiques ne sont pas interdit en permaculture mais je me demande bien où ils sont interdit. Le plus gros mensonge sur la bouffe en ce moment c'est bien le bio avec seulement une partie des matières qui sont d'origine bio et le reste on s'en fiche. On a toujours un train de retard car c'est plus facile de s'organiser pour détruire que le contraire.. C'est notre rêve à tous d'être pris par la main et de goûter à l'éternel bonheur. "Les sentiments que nous feignons, nous finissons par les éprouver." Benjamin Constant. C'est comme ça du moins que j'expliquerai le mal de vivre.

Tout ça pour dire que je préfère largement le discours d'autrevie et de moilamain sur l'agriculture naturelle et la permaculture que ce que j'ai pu voir parfois. C'est un mélange et le métissage j'adore ça ! Pourvu que ça dure..
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Re: 56-Bonjour de bretagne

Message par Theyr » 17 Mars 2012 01:38

Degemer mat Sandrine,

encore un fil intéressant par ici.

Je vais apporter ma petite pierre :

je suis actuellement en BP REA maraichage, en plein stage pratique. Pour info, je suis à Crédin (chambragri 56) mais je ne pense pas qu'il y aura beaucoup de différence selon le centre de formation.

La Chambre d'Agriculture ne voit pas d'un bon oeil la Bio (ils te diront le contraire mais je pourrais te renvoyer vers un article d'un certains président de chambre d'agriculture de la haute loire qui t'en dira plus que tous nos discours respectifs^^), la permaculture, non plus que tout projet qui se situe en dehors de "leurs clous", et çà peut tout à fait se comprendre et même se défendre. Donc la permaculture, a fortiori l'agriculture naturelle, tu oublies... au moins pendant toute la durée de ta formation.
Tu pourras en discuter avec d'autres stagiaires, si tu es dans une bonne session (ce qui est mon cas), éventuellement avec les exploitants que tu rencontreras ; avec ton tuteur et / ou maître de stage, çà risque de tourner assez court -pas toujours, là aussi j'ai de la chance, les miens sont ouverts mais pas dans le "trip" ; avec les formateurs tu obtiendras au mieux un sourire complaisant - permaculture -, un regard surpris -agriculture naturelle, c'est quoi çà-, un regard ahuri si tu évoques l'agriculture sauvage (autre appellation pour la même chose : Fukuoka non-agir, le terme a changé après "la révolution d'un seul brin de paille").

Rentrons un peu dans le détail pour expliquer le pourquoi :
Le BP REA, option maraichage Bio est un diplôme qui va sanctionner ton aptitude à diriger une exploitation agricole. Les critères (principaux) retenus seront ta capacité à gérer administrativement la structure (statut, impôts, salariat, gestion, fiscalité, etc.), ta capacité à savoir produire des légumes, éventuellement des PAM (Plantes aromatiques et médicinales) et des petits fruits ; ta capacité à obtenir des rendements qui te permettront de vendre suffisamment pour dégager un revenu correct, des techniques de ventes, des choix commerciaux qui te permettront d'assurer une bonne et durable -dans le temps- distribution de ta production ; ta bonne maîtrise des principales opération culturales sur les différentes productions maraichères et sur le travail du sol... (nous y arrivons :roll: ).

C'est donc un diplôme qui sanctionne une formation qui :
- Ne fera pas de toi une maraichère, mais te donnera les bases pour le devenir ;
- Fera de toi un bon chef d'exploitation (débutant) ;
- S'oppose en de nombreux points à la permaculture et à l'agriculture naturelle.

Ici nous sommes à l'inverse du non-agir : L'A. Bio c'est tout sauf çà.
Ici nous n'oeuvrons pas pour créer une structure aussi autonome que possible, mais une structure spécialisée, intensive qui va puiser autant qu'elle peut dans le sol afin de produire au maximum.
Les objectifs sont clairs : rivaliser avec le conventionnel en terme de production (quantitatif et qualitatif), dégager du revenu pour l'exploitant.
Tous te le diront : le BRF, çà ne fonctionne pas ; le non-labour, non plus ; les associations de cultures, éventuellement en jardinage, en aucun cas en maraichage -notes bien cette différence entre les deux termes car elle compte- ; le paillage naturel est inefficace, pour rentabiliser ton entreprise il faut produire hors saison, etc.
Notes que je ne porte pas de jugement hein : chacun est libre de son opinion sur chacune de ces techniques prises individuellement ou collectivement. M) où je veux en venir c'est que le maraichage est une activité d'agriculteur qui vise l'intensivité et ne peut tenir ses objectifs que par un certain nombre de moyens :
- Intrants (fumiers, compost et autres "importations"), tant qu'ils respectent le cahier des charges Bio (en gros d'origine organique, par opposition à synthétique ET nourrissant non pas la plante, mais le sol). La vie du sol c'est tout un sujet... (c'est même au coeur du sujet selon moi, mais je ne vais pas trop me disperser ici). Et c'est logique, vu la densité des production, la quantité de matière exportée ne peut pas être compensée par le système environnant. En permaculture ou en agriculture naturelle, on peut compter sur l'activité arboricole pour compenser les "exportations". Ici on e peut pas, on n'a ni le temps, ni la surface, ni la formation pour le faire. Et de toute façon ce n'est pas rentable... car le rendement se mesure à la quantité produite rapporté à la surface exploitée (les impôts aussi dans certains cas...)
- On ne peut pas mélanger les cultures car le temps de récolte et d'entretien devient vite vertigineux et est très vite le principal ennemi, car très couteux. Même dans les conditions actuellement de l'activité maraîchère c'est un poste intenable, comme le dit autrevie dans un autre fil, être maraîcher c'est être esclave et je suis assez d'accord sur le fond.
- Les rotations, pourtant essentielles, sont très difficiles à tenir et la plupart des maraîchers n'arrive pas à s'y tenir. Conséquence...
- Les maladies, affaiblissements des plantes avec leur cortège d'infestations, de champignons et autres problèmes qui inciteront à l'usage de la phyto. Une phyto strictement limitée et réglementée, rien à voir avec les pesticides des conventionnels... encore que et néanmoins car : certains traitements se font en préventif et deviennent pour les plus industriels des Bio de l'ordinaire -j'ai le droit à tant donc je traite jusque tant-, Bio, d'origine organique ne signifie pas sans incidence. C'est une grave erreur que de le penser, une erreur que trop de personnes font. Il existe - de moins en moins- des traitements phyto bio particulièrement agressifs, à tels point que certains ont fini par être interdit en Bio ET en conventionnel, c'est dire...
- Pour limiter tout cela, le maraicher aura recours, en vrac et sans être exhaustif, à deux outils principaux : la mécanique via le bon vieux tracteurs plein de chevaux, avec tous ses outils de labour et le plastique via le "paillage plastique, les serres plastiques, les emballages plastique, les crochets, fils rames et autres petits objets plastiques en tout genre.
- Ensuite on pourra évoquer l'utilisation des terreaux, des semence hybrides F1, qui n'ont rien de durables (donc d'écologique);
- Pour finir, il est même des pays où la Bio se dit "Organic" et où elle se pratique hors sol (en hydroponique). Tant et si bien qu'on commence à sérieusement en parler par ici dans la mesure où...un peu de terre dans un petit pot dans lequel on a planté peut tout à fait être alimenté par un liquide nutritif et ainsi, ô belle intelligence que voilà, on ne nourrit pas la plante mais...le sol donc respect du cahier des charge AB -CQFD !-.

Je m'arrête là pour le portrait au vitriol, certifié AB.
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec Kalypso sur ses remarque sur l'A. Bio. Un produit Bio doit être composé d'ingrédients Bio à une petite nuance près (les aromates non bio sont tolérés ou l'étaient jusque Mars 2012, je crois). Les OGM ne le sont pas (les 1% ne sont pas dans le cahier des charges AB, mais dans le cahiers des charges de l'agriculture en général qui lui est supérieur) mais finiront par l'être parce que il n'y aura bientôt plus le choix, vu que c'est pas une loi qui va les empêcher de passer d'un champs conventionnel à un champ Bio. Tu me détromperas Kalypso si j'interprète mal ta pensée (je ne détiens aucune vérité et tout ce que je dis est contestable, ne traduit que mon expérience et ma pensée... mes imperfections et approximations).
Néanmoins, il est vrai que l'état des lieux de l'A. Bio est (peut-être) très décevant... en même temps, il reste nettement supérieur à celui de l'agriculture conventionnelle... et il ne faut pas jeter la pierre aux agriculteurs car en dehors de ceux qui y vont par effet d'aubaine (de plus en plus nombreux) l'essentiel des producteurs est conscient des limites de ses modes de productions et cherche honnêtement (...) à améliorer ses techniques.

Bref, j'ai largement dérivé (et en même temps je suis loin d'avoir couvert le sujet). Toujours est-il que selon tes attentes tu pourrais très vite étouffer, voir décrocher dans une telle formation. Néanmoins si tu ne viens pas d'un milieu agricole, c'est une porte d'entrée qui te permettra si tu es capable de jouer le jeu jusqu'au bout de décrocher le sésame. Car le diplôme c'est la possibilité d'avoir le statut d'exploitant agricole (pour les subventions et prêts bonifiés afférents il faut avoir moins de 40 ans à ce jour, mais çà va changer).
Donc ce peut être une aubaine, d'autant plus si comme d'autres :mrgreen: tu n'as pas le sou pour te payer une formation en permaculture, si tu souhaites pouvoir apprendre les bases de l'agriculture voire te retourner vers une activité rentable en cas d'échec d'un projet permaculturel économiquement viable. Parce qu'à ce jour, en France en particulier, en maraîchage, ils ne sont pas si nombreux les projet qui ont durablement aboutis... et je serais ravis d'être détrompé sur le sujet.
Pour te chiffrer çà avec les témoignages que j'ai pu obtenir à ce jour et recouper, tu peux considérer qu'une exploitation maraichère peut tenir avec 1 UTH (1 travailleur à temps plein) pour 1 à 1,5 ha. En technique permacole / non labour / butte /etc. (façon Soltner on dira) on considère que 1 UTH peut gérer 0,5 ha, soit un manque à gagner de 0,5 à 1 ha pour assurer la rentabilité d'une exploitation. Tout ceci est à nuancer avec de nombreuse variables (moyens de production, techniques utilisées, surface exploitée, type de production, etc.). çà en fait beaucoup, je suis désolé mais nous en sommes vraiment par ici aux balbutiements et il est déjà difficile de chiffrer l'A. Bio (çà commence à venir) alors le reste...
D'ailleurs les rares maraichers ouverts à ce genre de comparaisons disent qu'une personne souhaitant travailler ainsi (sans intrant/travail du sol/etc.) ne serait pas un maraicher, mais un jardinier qui ne fera au mieux que du grand jardin, et ce n'est pas toujours/nécessairement péjoratif, dans leur bouche : ils estiment que ce sont là deux activités différentes. Je suis plutôt de cet avis moi aussi. On peut opérer la même nuance en distinguant un agriculteur d'un paysan...

Espérant ne pas trop saper, ce n'est pas le but du fil, juste de cadrer les choses car la déception peut-être très grosse... D'ailleurs, j'ai emprunté cette voie et je ne regrette rien, elle me conforte jour après jours dans mes choix actuels. Donc accroches-toi si tu choisis ce chemin et plein de bon énergie sur toi, je serai toujours par là pour t'en redonner au besoin ! :super:

N.B. : permacole, permaculturel, etc. n'hésitez pas à me reprendre sur les mots et leur juste utilisation.
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Re: 56-Bonjour de bretagne

Message par Kalipso » 17 Mars 2012 08:15

Salut Theyr et merci pour ta réponse !

J'aime beaucoup ton intervention et je voulais juste rajouter que je chasse les produits finis "bio" et pas les agriculteurs (les petits et moyens) qui eux font ce qu'ils peuvent en croulant sous la dette ou sur le peu de temps libre qu'ils ont pour vivre. C'est toutes les merdes que rajoutent les industriels dedans qui me gonfle ! Bien sur c'est une vision globale des choses, heureusement on croisera toujours des exceptions sur notre route (et heureusement pour notre santé mentale).

Je pense effectivement que Sandrine et moi on va devoir faire gaffe sur nos envies de "bio", d'agriculture "naturelle" ou autres rêveries du genre. Mais (parce qu'on le vaut bien) j'envisage quand même de pensée "permaculture" pour mon terrain car je trouve qu'il y a des idées à ne pas louper (les zones, etc). Une question : Un maraicher peut-il envisager de se construire une foret comestible et vendre au kilos ces fruits ? Comme le kiwi, la framboise ou encore la groseille qui donne généralement beaucoup par chez nous. Proposer quelques fruits de saisons dans ses paniers c'est pas mal non ?

En gros ce que t’essayes d'expliquer Theyr c'est que t'as des cotas a faire avec un minimum de surface pour ton exploitation et que le fait de se diversifier ou passer au naturelle demande une surcharge de travail énorme pour une vie humaine ? J'ai des amies apicultrices qui m'expliquaient que ds leur métier ça devenait rentable pour l'état (santé) et supportable pour toi (aide) à partir de 200 ruches (ce qui est déjà beaucoup) l'étape supérieure étant 400 ruches et ainsi de suite.. 200 ruches quand t'as des machines et tout le tralala c'est rien mais quand tu dois y faire à la main c'est le goulag..

Bizz :gene3:
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Re: 56-Bonjour de bretagne

Message par satya » 17 Mars 2012 10:20

oula
Kalipso a écrit : 200 ruches quand t'as des machines et tout le tralala c'est rien mais quand tu dois y faire à la main c'est le goulag..
Bizz :gene3:


il y a une doc je sais plus ou avec un tableau qui compare l'apiculture conventionel et une naturel

conventionel: beaucoup d'intrant (cadre gaufré,traitement,sucre,deplacement++,temps) ;redement elever sur une echele de 100 t'a cramé 75

en naturel on va dire peu d'intrant ,beaucoup moins de temps et on laisse du miel aux abeilles ducoup rendement peu elever
mais au final tu y gagne (et les abeilles aussi)

c'est comme M Fukuoka avec ses cereales quelques grosses interventions dans l'année la moisson a la main ,mais le reste du temps ca suit sont cour tout seul ,les plantes nous ont pas attendu pour pousser ,ni les abeilles pour bituner :)

il faut voir que l'agriculture actuel est une enorme machine a bouffé du petrole et derivé ,enfin vous connaissait tous l'histoire ;et l'a bio rentre dans le meme shéma et me sort legerement par les .....
en plus de devoir casqué par ce que l'état taxe ;tu achete du bio de chine ,legumes sur plastique ......
bio bio bio bio

GRrrrr la honte faut toujours qu"ils" detournent les choses ;nature et progret.....
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Re: 56-Bonjour de bretagne

Message par Kalipso » 17 Mars 2012 11:15

Mes potes m'ont expliqués qu'en dessous de 200 ruches tu n'avais pas le statut "d'apiculteur" et donc que tu n'avais pas les aides et droits appropriés. Obligé de payer plein pot tout et n'importe quoi (taxe, assurance, santé, etc) alors que passé les 200 ruches tu gagnes un statut comme par magie (rsa, cmu et même des prêt à taux d'intérêt réduit pour agrandissement). D'un point de vue éthique elles ne veulent pas faire du bio car comme moi, elles pensent que c'est une grosse supercherie et que ça coute très cher à l'exploitant. Les obligations d'un producteur en bio sont très lourdes et les moyens pour certains problèmes trop radicaux (tuer une ruche au lieu de la traité une fois au antibiotique). Et si tu traites tu es hors charte bio et du coup un charlatant ! Il n'y a pas de demie mesure à cause des rendements, des statuts juridiques et sociales qui ne collent pas avec la production naturelle / vraiment bio. Malheureusement cette méthode de survie ne t'aide en rien à sortir du système mais bien au contraire à toujours en être totalement dépendant.. Logiquement le naturelle / bio devrait être moins couteux pour l'exploitant et la nature mais ce n'est pas le cas car nous sommes soumis à des lois. Comme vous dites, ils détournent les choses à leur seul avantage (le pognon)..

En plus l'apiculture à l'air d'être un pôle bien particulier dans l'agriculture, il y aurait une espèce de protection de l'abeille donc un coût moindre pour les apiculteurs sur pas mal de point. Il faut voir pour le maraichage avec les MSI (je crois) pour voir la surface minimum pour créer une exploitation.
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Re: 56-Bonjour de bretagne

Message par Avecdrine » 17 Mars 2012 13:04

Merci à tous pour vos interventions.
Me voilà mieux renseignée.

Quelque part, Their, tu confirmes ce que j'avais cru comprendre. Avec un BPREA, on apprend surtout le côté administratif, aides, etc. et on obtient le statut d'exploitant agricole. Remarque, je me doute bien que ce n'est pas en quelques mois qu'on apprend tout ce qu'il y a à savoir sur la culture, bio ou pas. Rien de mieux que l'expérience. Toutefois, ça semble quand même être une sorte de bon début, à défaut de mieux.
Merci aussi pour le portrait réaliste de l'A.Bio.
Une question me taraude : est-on pénalisé de quelque chose si on n'a pas le rendement attendu ? (hormis le fait qu'on n'a moins à vendre, bien sûr). Ce que je veux savoir, c'est si on va me faire payer quelque chose (ou si on va me confisquer mes terres) si j'occupe de la terre agri alors que j'ai un "faible" rendement (à leurs yeux)
Même question posée différemment (j'ai du mal à m'exprimer) : J'achète des terres agri. Je ne cultive pas ou peu. Que se passe-t-il ? Vient-on me chercher des poux ?

Avec leurs histoire de smi, de cotisant solidaire, etc, j'ai aussi bien l'impression que le système fait en sorte que les petites exploitations (petit terrain, petit rendement) ne puissent survivre. J'ai faux ?
Ce que j'ai cru comprendre, c'est qu'ils veulent : 1- qu'on s'endette (avec l'achat de terre façon smi, ou l'histoire des 200 ruches, pour avoir droit à des droits sociaux comme la sécu, etc) 2-qu'on s'endette un peu plus, vu la surface, avec des machines ou des salariés 3-qu'on doive donc avoir du rendement pour rembourser/survivre 4-adieu nos rêves, vive la servitude

Perso, je ne veux rien emprunter (ou si peu). Les dettes, non merci. C'est trop de pression, de stress. Bref, comme dit kalipso, c'est le goulag. Quelqu'un dans un post disait qu'il aurait mieux fait de commencer petit (alors que là, il ne pense qu'à ses dettes)

Je suis aussi rêveuse que kali et tant pis si j'en arrive au même prix de consolation (qui sera quand même un super prix). Je la cite : "j'envisage quand même de pensée "permaculture" pour mon terrain "
D'ailleurs, Kali, si t'as besoin d'un coup de main pour mettre en place, je veux bien t'aider
Et je te plussoies avec tes kiwis. Ca pousse comme du chiendant parait-il, alors, toute cette vitamine C, il faut la distribuer :mrgreen:
Question (indiscrète?) : tu as quelle surface de terrain ? je demande car je prospecte des maisons et vu le prix, je n'arrête pas de diminuer la surface rêvée... mais je ne voudrais pas trop diminuer quand même.
Pour ta question sur le msi, dans le morbihan, en maraîchage, pour être cotisant (et avoir des droits), il faut mini 1ha15 exploité. Moins, tu n'es que cotisant solidaire et t'as droit à rien.
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Re: 56-Bonjour de bretagne

Message par Nicollas » 17 Mars 2012 13:42

Tu n'as pas forcément a t'endetter, sauf que la terre coute généralement cher. Et si tu veux les aides de l'état, il faut fournir un projet qui "tient la route", et ça nécessite souvent des investissements (et certaines aides sont que pour du matos neuf par ex)

Pour le peu de rendement, si tu as des terres, ils s'en foutent. Si tu veux des terres, faut se battre à la SAFER, et du coup faut montrer du rendement potentiel pour la viabilité de ton entreprise agricole,

Si tu as assez de surface pour etre agri (>1/2 SMI), et si tu fais pas un CA de folie, tes taxes sont calculées au forfait :Tu as 2 ha de verger et 1 ha de maraich, selon leur grille tu fais un CA de tant, donc tu paies tant (en général c'est très avantageux, sauf que qd tu cotises presque rien, ta retraite c'est pareil ...)
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Re: 56-Bonjour de bretagne

Message par Kalipso » 17 Mars 2012 13:45

Comme tu dis je suis une rêveuse et pour le moment je n'ai que des sous sur un compte en banque et un homme merveilleux. La vie a fait son chemin.. et puis j'ai pris un virage car je me plantais de route. J'étudiais l'anthropologie, qui est toujours une passion (je pense que ça fait partie de moi). Mais je n'aimais pas les institutions et j'ai commencé à suffoquer à la faculté (bien que j'adore le concept et que je trouvais la méthode de travail idéal pour moi). Mais comment faire quand ça pullule de carriéristes et de prétentieux en herbe. La vérité c'est qu'on voit bien dans ces lieux la différence entre une personne qui a besoin de travailler car ses parents ne pètent pas dans la soie ! J'ai vu des étudiants qui ne pouvait pas se payer le loyer de leur 9m² et qui bossait pourtant au Mcdo (vous savez le stéréotypes des jeunes tous des feignasses). Des étudiants largement plus doués que moi et qui n'ont pas tenu le coup. Ou est légalité dans tout ça ? J'ai vraiment péter un câble (et apparemment je recommence) et depuis je me suis barrée avant de passer ma licence (grosse bêtise je sais mais bon). Du coup je me lance vraiment que maintenant dans l'agriculture. Mes points forts c'est que j'ai fait un bep compta et un bac pro commerce donc j'ai quelques notions pour tout ce qui va être administratif dans une exploitation (et c'est surtout des diplômes et ils adorent les diplômes !!). Par contre j'ai toujours eu une relation superficielle avec la terre que j'essaye d'arranger en faisant des stages avant la formation. En plus ça peut que filer un coup de pousse pour accepter ton dossier si il y a plus de demande que de place disponible.

Pour en revenir au terrain j'ai aussi regardé de mon côté, une belle exploitation pour deux, j'envisagerai entre 1ha à 3/4 ha. En sachant qu'il faudrait forcement une partie boisée (si possible naturelle et pas du bois pour la coupe) afin de préserver un zone naturelle. En permaculture c'est la zone 5 il me semble et on y retrouve aussi dans l'agriculture au moyen âge, ils utilisaient les bords de forets (les haies naturelles ?) pour les baies (groseilles, mures, etc).

Merci de supporter mes pavés.. Je m'en excuse d'avance.. Autrevie sort de ce corps ! ;)
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Re: 56-Bonjour de bretagne

Message par autrevie3 » 17 Mars 2012 17:07

définitivement? et bha!
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Re: 56-Bonjour de bretagne

Message par Theyr » 18 Mars 2012 12:49

Coucou,

Avecdrine a écrit :Merci à tous pour vos interventions.
Me voilà mieux renseignée.

Une question me taraude : est-on pénalisé de quelque chose si on n'a pas le rendement attendu ? (hormis le fait qu'on n'a moins à vendre, bien sûr). Ce que je veux savoir, c'est si on va me faire payer quelque chose (ou si on va me confisquer mes terres) si j'occupe de la terre agri alors que j'ai un "faible" rendement (à leurs yeux)
Même question posée différemment (j'ai du mal à m'exprimer) : J'achète des terres agri. Je ne cultive pas ou peu. Que se passe-t-il ? Vient-on me chercher des poux ?

A ma connaissance non. Tu restes encore maître sur tes terres : nous sommes en France et la propriété terrienne çà compte...
Par contre, une fois par an, tes voisins ou autres agriculteurs peuvent lorgner sur tes terres et faire une demande d'autorisation d'exploiter. Demande qui peut recevoir un avis favorable et là, ta vie peut devenir un peu plus compliquée si toi tu ne l'as pas déjà faite :
- L'agriculteur (ou les agriculteurs) recevant cette autorisation obtiennent le droit d'exploiter tes terres ;
- Ils t'en font la demande ;
- A ce stade tu peux refuser ;
-- Si tu acceptes la suite dépendra du bail que tu lui signes. S'ils sont plusieurs, tu choisis celui qui te convient. Les prix des fermages sont plafonnés tu ne pourras donc pas, officiellement beaucoup les faire monter. Ceci reste virtuel puisque tu refuseras.
-- Tu refuses et conserves tes terres pour ton usage personnel. C'est Ok sauf que...
--- L'année en question tu ne peux plus cultiver tes terres : tu n'as pas l'autorisation, toi.
--- Tu te décides à faire la demande :
---- Demande acceptée, tout est ok, tu peux en jouir librement.
---- Demande refusée : retour au point évoqué plus haut, tu ne peux plus en jouir. Par contre ton voisin qui en a refait la demande oui.

Tu as donc tout intérêt à être attentive à ce point. Si tu fais ta demande, qu'elle est accepté, elle ne sera valide que si tu exploites réellement ta terre, et je crois, sans en avoir la confirmation, que tu n'as pas intérêt à jouer avec çà car si tu demande l'autorisation , l'obtiens et que l'année suivante ton voisin refait sa demande arguant que tu ne l'as pas mise en culture... tu risques fort d'être éconduite en renouvelant ta demande. Logique.

Avecdrine a écrit :Avec leurs histoire de smi, de cotisant solidaire, etc, j'ai aussi bien l'impression que le système fait en sorte que les petites exploitations (petit terrain, petit rendement) ne puissent survivre. J'ai faux ?
Ce que j'ai cru comprendre, c'est qu'ils veulent : 1- qu'on s'endette (avec l'achat de terre façon smi, ou l'histoire des 200 ruches, pour avoir droit à des droits sociaux comme la sécu, etc) 2-qu'on s'endette un peu plus, vu la surface, avec des machines ou des salariés 3-qu'on doive donc avoir du rendement pour rembourser/survivre 4-adieu nos rêves, vive la servitude

Perso, je ne veux rien emprunter (ou si peu). Les dettes, non merci. C'est trop de pression, de stress. Bref, comme dit kalipso, c'est le goulag. Quelqu'un dans un post disait qu'il aurait mieux fait de commencer petit (alors que là, il ne pense qu'à ses dettes)

Tu n'as pas faux. Cependant...
1 - L'objectif ici, n'est pas que tu t'endettes. Il y a deux principaux objectifs :
-- Depuis des années des personnes ayant les moyens rachètent des terres agricoles, sur le bord de la côte ici dans le Morbihan, mais on peut imaginer des situations similaires ailleurs. Ils y plantent 3 choux et deux carottes, demandent le statut d'agriculteur, l'obtiennent et se font construire une superbe villa sur la côte en guise de maison d'habitation liée à leur exploitation agricole, au mépris des trop nombreux jeunes qui veulent s'installer et pour qui il est de plus en plus difficile de trouver des terres. De la même façon d'autres ne s'embarrassent même pas de choux et de carottes mais attendent tout simplement que les terres soient reclassées en zone constructible, et là c'est le jack-pot : plus-value extra assurée. De la spéculation foncière...
-- La MSA a besoin de définir des limites sous/au-dessus lesquelles, tu deviens exploitant agricole, pour fixer ton seuil d'imposition (on peut discuter à loisir de ces seuils de leur impact sur les petites exploitations, mais sur le fond, il faut bien fixer une règle du jeu...).
La SMI, demi SMI, etc. sont des normes qui définissent à quel stade, ton exploitation est, selon son type de production, potentiellement rentable et donc imposable. Celà indique aussi à partir de quel stade l'on estime que tu travailles suffisamment (mi-temps, plein temps,...) sur ton exploitation pour relever de tel ou tel régime fiscal/retraite (ORdinaire, agricole, commerçant.
Ton endettement est une conséquence induite par ces objectifs.
2 - C'est une vision discutable (et discutée sur plusieurs fils de ce forum d'ailleurs... je te mettrai les liens si je remets la main dessus) dans la mesure où, à ce jour, les petites exploitations de type "polyculture plus ou moins diversifiée", permacole pourras-tu dire, n'ont pas fait la preuve de leur viabilité sur le plan économique. Je dirais même qu'en France, çà n'a pas trop décollé et que sur des petites surfaces, c'est franchement la galère (la décroissance assurée, volontaire ou pas, si l'on a pas les moyens avant). Bref, je ne vais pas refaire le débat ici, c'est pas le but, mieux vaut retrouver les fils idoines. Donc ici, l'idée est que si tu investis dans des machines, de l'équipement, tu pourras rentabiliser ton exploitation, beaucoup plus certainement que si tu te cognes tout à la main.
3 - Cette notion de rentabilité compte : elle détermine, au final, ta capacité à payer tes cotisations/impôts... et à produire des excédents afin d'alimenter la population (là encore, logique discutable de nos points de vues, mais tout à fait défendable du leur).
4 - Oui. Ce n'est pas ici, en France que tu vas pouvoir vivre ton rêve (tel que je peux le deviner). Même ailleurs, ce sera un peu difficile, car l'agriculture, ce n'est pas la vie dans le jardin d'Eden, mais c'est un autre sujet. Il y a clairement une notion de servitude qui vaut dans toute la société et lorsque tu affiches ton désir d'en sortir, ou de t'en éloigner, ne t'attends pas à ce qu'on te facilite la tâche... Nous vivons dans une société qui se définit comme Etat de Droit, République et çà a des implications concrètes :roll: .
Néanmoins, çà peut valoir le coup de tenter ta chance, en remettant les pieds sur terre, et en essayant de garder une station verticale et un peu de hauteur (la tête dans les nuages)... nous avons tous à gagner à tenter de mettre en place des modèles alternatifs fonctionnels. Sinon qui le fera ? Et puis, en toute honnêteté, si ce que nous entreprenons en matière de permaculture, n'est pas viable, ou ne repose que sur des subsides (peu importe leur origine), alors il y a matière à se remettre en question, non ? Dernier point, je rejoins celles et ceux qui estiment que nous ne sommes pas tenus de courir après les rendements, non plus que de cultiver à temps plein, et qu'il est de notre plein droit d'exercer à mi-temps (50h/semaine :mrgreen: ) notre fonction paysanne et le reste du temps une ou d'autres fonctions. C'est aussi un modèle qui peut se défendre.

Avecdrine a écrit :Je suis aussi rêveuse que kali et tant pis si j'en arrive au même prix de consolation (qui sera quand même un super prix). Je la cite : "j'envisage quand même de pensée "permaculture" pour mon terrain "
D'ailleurs, Kali, si t'as besoin d'un coup de main pour mettre en place, je veux bien t'aider
Et je te plussoies avec tes kiwis. Ca pousse comme du chiendant parait-il, alors, toute cette vitamine C, il faut la distribuer :mrgreen:
Question (indiscrète?) : tu as quelle surface de terrain ? je demande car je prospecte des maisons et vu le prix, je n'arrête pas de diminuer la surface rêvée... mais je ne voudrais pas trop diminuer quand même.
Pour ta question sur le msi, dans le morbihan, en maraîchage, pour être cotisant (et avoir des droits), il faut mini 1ha15 exploité. Moins, tu n'es que cotisant solidaire et t'as droit à rien.


Penses permaculture ! Au pire, tu auras essayé. Ce qui compte, AMHA, c'est de ne pas tout miser sur ses rêves et de risquer de se retrouver à la rue, toujours conserver une marge de manoeuvre, la possibilité de s'arrêter et de repartir vers autre chose. De ce point de vue, ne pas trop s'engager financièrement avec les banquier est plus que raisonnable. Sinon, c'est la machine infernale (et je pèse mes mots). C'est possible, en maraîchage, PAM, petits fruits, notamment car tu peux démarrer petit et croître à ton rythme. De même que tu peux tout à fait à partir de ce que tu as bâti considérer que tu n'atteindras pas la viabilité souhaitée et changer ton fusil d'épaule pour te tourner vers une activité plus classique (en terme d'investissement et de production commerciale). Ne diminue pas trop en effet, à 3ha, je suis bien pour le maraichage/PAM/petits fruits, mais trop court pour une plus large autonomie : produire son fumier, ses céréales, avoir des animaux de trait, etc. (çà demande plutôt 10 à 20 ha).

:)
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Re: 56-Bonjour de bretagne

Message par Avecdrine » 18 Mars 2012 13:40

Theyr a écrit :Penses permaculture ! Au pire, tu auras essayé. Ce qui compte, AMHA, c'est de ne pas tout miser sur ses rêves et de risquer de se retrouver à la rue, toujours conserver une marge de manoeuvre, la possibilité de s'arrêter et de repartir vers autre chose.


Ca, question marge de manoeuvre, ça reste toujours présent dans mon esprit. Je ne mise pas sur une seule chose. Et puis, j'aime bien la diversification, les portes de sorties... Ca me rend plus sereine

Theyr a écrit :Ne diminue pas trop en effet, à 3ha, je suis bien pour le maraichage/PAM/petits fruits, mais trop court pour une plus large autonomie : produire son fumier, ses céréales, avoir des animaux de trait, etc. (çà demande plutôt 10 à 20 ha).
:)


Argh, 10 à 20 ha... Remarque, je me doutais bien de ça après être allée visiter une production laitière et avoir glané quelques infos. Les céréales, ça prend de la place, les animaux aussi ! :] Sans compter le temps que ça prend ! 8|

Alors, sinon, le BPREA, ça donne quoi ce début de formation ? Intense ? Physique ? Instructive ? :)
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Re: 56-Bonjour de bretagne

Message par Avecdrine » 18 Mars 2012 13:43

Kalipso a écrit :Merci de supporter mes pavés.. Je m'en excuse d'avance.. Autrevie sort de ce corps ! ;)


Ben moi j'aime bien lire tes pavés :) et puis... je comprends tout ce que tu dis :mrgreen:
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Re: 56-Bonjour de bretagne

Message par macronature » 25 Mars 2012 01:46

hello ! bienvenue !
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Re: 56-Bonjour de bretagne

Message par La Pature Es Chenes » 11 Déc 2012 19:15

Bonsoir Sandrine, Bonsoir à tous,

Sandrine a écrit : ce qui m'intéresse c'est de rencontrer en vrai des gens qui font quelque chose qui se rapproche le plus possible du naturel-perma-bio-écolo, quel que soit le nom qu'on lui donne. Et d'avoir un max d'infos et de pratique pour me lancer à mon tour.
./.
L'ouverture d'esprit, l'échange et l'optimisme, c'est bien plus intéressant et constructif que des discours comme "la société est pourrie", même si c'est vrai à 99%


Sandrine, où en es-tu avec ton BPREA ? Tu as commencé en septembre du coup ?

Nous serions heureux, Grégory et moi Sylvaine, de te recevoir (et tous ceux qui le souhaitent) sur notre jardin en Côtes d'Armor, "La Pâture es Chênes" c'est son nom, pour te partager notre optimisme et notre projet d'installation. En attendant, tu peux nous lire sur notre site internet http://www.lapatureeschenes.fr.

Une phrase que j'ai lu dernièrement sur le net' qui nous touche "L'action basée sur votre raison guidée par l'intuition, est la clé". Nous basons notre action non pas sur l'indignation, la colère mais sur les élans de notre coeur... et malgré nos petits moyens, avec une telle énergie, de belles portes s'ouvrent à nous. Pas les portes de la chambre d'agriculture et autres institutions... nous n'en attendons rien... mais les portes intérieures des personnes que la vie nous amènent sur notre chemin (ces petites portes qui peuvent à notre grande surprise nous emmener loin).

La permaculture, agriculture naturelle, agro-écologie, etc. ont l'avantage de pouvoir se développer sur des terres non accessibles par les machines de l'agriculture intensive. Quand tu te promènes en campagne, tu peux découvrir de nombreuses petites parcelles non exploitées. En explorant le cadastre, nous avons été surpris de constater le nombre de parcelles appartenant à des propriétaires qui ne sont même plus du coin. Il y a aussi les réserves foncières des communes. Après, il faut oser se renseigner, user du bouche à oreille, se faire connaître localement...

En attendant de vous accueillir, bon courage à tous !
A bientôt,
Sylvaine.
La Pâture es Chênes - UN JARDIN NATUREL... UN JARDIN FORET en devenir pour les besoins nourriciers de notre famille et au-delà... près de Saint-Brieuc (22) en Bretagne - Sylvaine Alnot & Grégory Roche - http://www.lapatureeschenes.fr
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