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Non-agir en milieu tropical

Avec la nature et non pas contre elle...

Non-agir en milieu tropical

Message par Touvert le 05 Avr 2014 08:52

Bonjour à toutes et tous,

je suis un agriculteur débutant qui a découvert le domaine de l'agriculture naturelle, aussi appellée agriculture du non-agir du microbiologiste Masanobu Fukuoka.

Pour résumer pour les gens qui ne connaissent pas : C'est une technique de culture qui n'est pas une technique car elle part du principe que la nature n'a pas besoin de l'homme pour se développer (ce qui peut etre démontré par les forets vierges) et donc, dans une volonté la moins interventionniste possible, l'agriculteur pratiquant cette technique ne laboure pas (semis directs), ne sarcle pas et n'arrache pas les adventices, meme à la main, ne taille pas et ne pulvérise pas de produits.

Ceci étant, mon contexte personnel est situé en milieu tropical, des questions évidentes s'imposent à moi. Fukuoka parle dans ses livres de semer du trèfle blanc à la volée, il parle également de paillage et de ne jamais laisser la terre nue sans rien qui pousse dessus, tout ça pour réduire la possibilité aux adventices de se développer. Mais en milieu tropical, les plantes sont bien plus rapides qu'en milieu tempéré et les techniques citées ci-dessus sont énoncées pour un contexte tempéré au Japon.

Du coup, je fais appel aux gens qui auraient déjà eu l'occasion de tester l'agriculture du non-agir dans les milieux tropicaux et qui pourraient me donner un retour d'expériences les trucs et astuces qu'ils auraient pu développer en ces milieux.

PS : Dans d'autres messages, j'en profiterai pour mettre toutes les ressources que j'ai trouvé concernant ce domaine et qui pourraient servir à la communauté.
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Re: Non-agir en milieu tropical

Message par Livy-Dagore le 05 Avr 2014 21:11

Tu as raison Touvert,le Nature n'a pas besoin des homme pour se développer.Et moi je compte faire pareille que toi,mais en milieu tempéré.
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Re: Non-agir en milieu tropical

Message par flyingdust le 05 Avr 2014 22:07

N'oublie pas que Fukuoka a mis quarante ans à parvenir à sa méthode, grâce à l'acquis de connaissances solides, et de l'évolution de son sol et de la faune qui l'habite. Je pense qu'il est contreproductif de placer la barre éthique/spirituel trop haut quand on est loin de l'expérience d'une telle personne (je m'inclus aussi dedans évidemment).

concernant la permaculture en milieu tropical, les papou en sont les plus impressionnants représentants, j'ai trouvé ça sur le net, il doit y avoir moyen de dénicher d'autres articles http://www.laplaneterevisitee.org/fr/12 ... ompatibles
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Re: Non-agir en milieu tropical

Message par Touvert le 08 Avr 2014 12:25

Livy-Dagore a écrit :Tu as raison Touvert,le Nature n'a pas besoin des homme pour se développer.Et moi je compte faire pareille que toi,mais en milieu tempéré.


C'est clair qu'elle n'a pas besoin de nous... C'est plutôt nous qui avons besoin d'elle et se doit de mériter ce qu'elle nous donne. :cote:

flyingdust a écrit :N'oublie pas que Fukuoka a mis quarante ans à parvenir à sa méthode, grâce à l'acquis de connaissances solides, et de l'évolution de son sol et de la faune qui l'habite. Je pense qu'il est contreproductif de placer la barre éthique/spirituel trop haut quand on est loin de l'expérience d'une telle personne (je m'inclus aussi dedans évidemment).


C'est sûr que de par le temps et l'humilité que Fukuoka a mis dans ce service à la nature, je me dois de revenir un peu les pieds sur terre, rester humble et surtout pas pressé. Tu fais bien de me le rappeler en tout cas, car avec l'effet de bombe que ça a eu sur moi, je me suis un peu trop précipité pour en faire une sorte de sacerdoce... Or, justement, il préconisait de faire les choses en douceur sans avoir de désir particulier.


flyingdust a écrit :concernant la permaculture en milieu tropical, les papou en sont les plus impressionnants représentants, j'ai trouvé ça sur le net, il doit y avoir moyen de dénicher d'autres articles http://www.laplaneterevisitee.org/fr/12 ... ompatibles


Intéressant cet article, d'autant plus qu'il s'agirait de l'une des dernières civilisations dites "primitives" (c'est paradoxal de dire "primitif" vu l'efficacité de leur manière de vivre). C'est donc un sujet à creuser, je pense.

Merci pour vos commentaires. :cote:
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Re: Non-agir en milieu tropical

Message par flyingdust le 08 Avr 2014 19:45

par exemple sur mes buttes, si je n'arrache pas certaines adventices, elles vont totalement prendre le dessus sur la majorité des légumes.
La grande différence, cette année c'est que j'incorpore les adventices au compost (au lieu d'en faire des purins), selon la technique du compost à froid. En principe elles devraient y mourir (on verra bien)
Donc je mets même les coriaces dans mon compost: orties, chiendent, faux fraisier, rumex, pissenlit,... Exception pour le liseron que je fais macérer au préalable à part.

Le but est qu'un jour je n'ai plus besoin de désherber. En attendant mon sol n'y est pas près (beaucoup, beaucoup d'herbes très coriaces (toutes celles citées) et moi je n'ai pas non plus les connaissances et l'expérience suffisante.

Mon stade pour le moment c'est celui de ne plus retourner du tout, et celui de griffer le moins possible (méthode la plus efficace pour enlever la racine du faux fraisier)

Donc le "non agir" c'est beaucoup de travail pour y parvenir ::d

Ps: si les papous t'intéressent, il y a un très bon livre de Jared Diamond sur eux: le monde jusqu'à hier. Et il en parle aussi dans effondrement, quelques chapitres y sont consacrés.
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Re: Non-agir en milieu tropical

Message par runs le 01 Mai 2014 14:53

Salut Touvert,

Dans quel pays tropical es tu ?
Je cherche à réunir un groupe de permaculteurs de ce milieu pour parler des problèmes et solutions spécifiques aux plantes et arbres locaux : papayers, bananiers, cacaoyers, manguiers, yam, neem, gombos, cocotiers et toutes les plantes médicinales et légumes.

Bienvenue aux amateurs de tropical.

ps : J'habite sur bornéo.
Le plus beau pays du monde est celui qui te permet de boire l'eau sur laquelle navigue ton canoe...
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Re: Non-agir en milieu tropical

Message par franck le 01 Juil 2014 14:05

A mon avis dans la philosophie du non-agir telle qu'elle est interprétée par beaucoup de gens il y a une chose qui n'est pas suffisamment prise en considération: la plupart des plantes cultivées n'ont pas la résilience et la compétitivité des plantes non domestiquées et de ce fait sans un minimum d'intervention les plantes sauvages prennent le dessus. Mêmes les variétés les plus rustiques et proches de la forme ancestrale restent des versions "humanisées" et donc relativement fragiles. Tout ce qui est cultivé reste un milieu artificiel, humanisé et donc requiert un minimum d'intervention pour être maintenu. En milieu tropical humide la forêt comestible avec occupation de toutes les niches par des plantes pérenne d'intérêts alimentaire et/ou médicinale est ce qu'il y a de plus proche de la philosophie du non-agir mais avant de parvenir à un stade d'autonomie il y a toute une phase d'accompagnement demandant beaucoup de travail, sans cela la forêt comestible deviendra en quelque mois une friche d'herbes géantes, de plantes grimpantes...et après quelques années une forêts secondaires composées d'espèces sauvages pionnières se sera installées...Près de chez moi (milieu subtropicale humide) il y a un verger de 4 hectares qui a été laissé à l'abandon pendant 10 ans environ. Il n'y a que quelques spécimens de pomelos, d'abricotiers asiatiques et un jamalac (wax apple) qui ont survécu, le reste a été étouffé par des plantes grimpante et fut supplanté par des arbres pionniers. En fait ce qui peut éventuellement survivre en milieu tropicale en l'absence de soin une fois qu'ils sont bien établis ce sont les manguiers, l'arbre à pain, le jacquier.
Pour en revenir à Fukuoka je crois qu'il y a des malentendu sur son concept de non-agir, cela n'est pas aussi minimaliste et non interventionniste que l'on croit...et ce malentendu explique pourquoi il y a tant d'échec! Avant d'arriver au stade du "non-agir" il y a tout un tas d'étapes préalables ou certaines interventions sont indispensables...
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Re: Non-agir en milieu tropical

Message par jd-geneva le 01 Juil 2014 21:44

Ouf quels sages paroles, merci. :amen: :amen: :amen: :amen: :amen: :amen:

Le "non agir" de Fukuoka n'est pas le "rien foutre" de certains utopiste-bobo-écolo...

Sans même avoir besoin de regarder le boulot effectué chez eux il suffit de lire le pseudo d'Irène...
"Hardworkinghippie" avec "Hard+working"... pour ceux qui auraient oublié leur anglais ça veux dire "Hippies qui travaillent dur" ABE :merci:
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Re: Non-agir en milieu tropical

Message par ruthie aquino le 04 Août 2014 17:30

Bonjour Touvert, bonjour à tous.
Je viens d'acquérir une petite rizière dans une toute petite île philippine. C'est très intéressant, car j'habite en France et la rizière se trouve à 16 000 kilomètres. Les rizières sont rares sur une minuscule île et j'ai sauté sur l'occasion quand j'ai appris que le propriétaire la vendait. J'ai payé le prix demandé sans discuter. Mes intentions ne sont ni prédatrices ni commerciales. C'est pour pouvoir manger mon riz naturel.
Comme vous tous qui vous intéressez à la culture en milieu tropical je sais que ce n'est pas gagné. Tout d'abord la petite parcelle est entourée de rizières traditionnelles. Ensuite, la transformer en rizière naturelle risque de prendre quelques années alors que c'est maintenant que j'ai faim.
C'est un défi.
L'année prochaine mon mari et moi comptons nous installer aux Philippines, près de la rizière.
J'ai pu obtenir des semences de Happy Hill, mais elles sont tellement vieilles qu'elles n'ont pas germé dans mes pots en terre cuite en France malgré les boulettes.
Quid de mon potager naturel en France? Il fonctionne très bien et fournit à manger.
Bonne journée. Je suis intéressée par le projet de groupe d'agriculture tropicale.
Merci beaucoup.
ruthie aquino
 
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Re: Non-agir en milieu tropical

Message par Madudu le 10 Août 2014 01:22

Il y a tropical et tropical :
-Quelle pluvio annuelle, répartie comment, quelles températures à quel moment, quel sol ?

Je vois qu'ici au Burkina dans la zone nord-soudanaise le principal facteur limitant est rarement l'eau (500-900mm mal répartis, essentiellement sur 3 mois sous forme de pluies violentes et des poches de sécheresse régulièrement) alors que tout le monde ne parle que de l'eau.

Ici les sols sont le plus souvent limoneux et donc très peu structurés, d'autant qu'ils sont très souvent travaillés en culture et qu'ils sont également piétinés en saison sèche. En plus de la croûte de battance, il y a quasiment toujours une semelle à 15-20cm (profondeur du travail). En fait une bonne partie de l'eau ne s'infiltre pas et ruisselle vers les zones basses, emportant au passage le peu qu'il reste de particules fertiles. Par contre dans les jachères, même peu avancées (3-4 ans), on trouve des poches de sols très structurés, très perméable et qui accueil une végétation d'autant plus impressionnante que le sol est encore pauvre !

Contrairement à l'idée reçue, il ne s'agit pas ici que du travail des termites. Leur rôle est même minoritaire, ce sont des vers de terre (trucs énormes de plus de 30cm de long et super épais) qui font quasiment tout. Lorsque la jachère a bien évolué on peut trouver 5 cm de turricules en surface !

Lorsque les agriculteurs mettent un peu de fumier les cultures poussent à peu prêt cent fois plus vite (et c'est pas une exagération) que là où elles ne reçoivent rien, et ce dès la première année. Lorsqu'il y a quelques résidus qui sont placés en début de saison des pluies (après le passage du bétail, sinon il bouffe tout, jusqu'à la canne la plus épaisse) on voit déjà l'infiltration augmenter significativement alors qu'on ne vois pas de grands changements dans la structure (peuplements plus homogènes mais pas plus avancés).

Les vieux documents de l'Orstom doivent êtres lus avec précaution car à l'époque il semble que Senna obtusifolia (celui qu'on appel partout, à tort, Cassia tora) n'était pas aussi présent (il est pourtant mentionné, mais peut-être qu'il y a eu confusion). Cette espèce est annuelle, ses graines n'ont pas de dormance (levées dès les premières pluies utiles), innapété par le bétail à l'état frais (mais bon fourrage sec, ce que personne ne sait ici), légumineuse non-fixatrice d'azote (ce qui est courant ici), très agressive et donc très envahissante dans les pâturages sur-exploités et les jachères. Cette espèce est une introduction involontaire relativement récente (quelques décennies) qui permet au milieu d'être moins sur-exploité du fait qu'elle est épargnée par le bétail et qu'elle ne craint pas le piétinement de saison sèche (annuelle). Elle est la première à pousser en début de saison et croît très vigoureusement pendant un bon mois (j'imagine que c'est le temps qu'elle épuise le flash d'azote de début de saison). Elle résiste bien à la sécheresse grâce à son système racinaire pivotant profond (observé jusqu'à presque 50cm de profondeur après un petit mois de végétation dans un sol très bien structuré) et à ses feuilles articulées (dans le jeune âge les feuilles suivent le soleil en journées, et quel que soit le stade elles se "ferment" la nuit ou en stress hydrique). Cette espèce peut donc constituer un très bon couvert en début de saison le temps que les pluies soient suffisante aux semis des cultures. Je pense que c'est la première chose à faire ici même sans aucun moyen avant légumineuse, et en association avec de l'engrais (chimique ou organique) avant coton ou graminée.

Ici le rayonnement solaire est très intense, ce qui permet à la photosynthèse d'être très intense également si l'eau est suffisante, mais qui volatilise aussi très vite l'azote et le soufre des résidus verts (jaunissement). Faire du fourrage avec les fanes de légumineuses et de sorgho (espèce vivace si la fertilité est suffisante, qui ne se décolore pas complètement avant maturité du grain) permet donc de sauver de l'azote !

Sinon, il semble exister un certain nombre d'espèces de légumineuses herbacées vivaces à souche ligneuse, rampantes, adaptées aux différentes zones climatiques (notamment des espèces du genre Stylosanthes, mais pas seulement). Elles pourraient servir de couvert permanent, pâturé par les volailles, si on veut copier Fukuoka. Il faut cependant avec à l'esprit que ça peut pénaliser la culture en fin de cycle par épuisement des réserves en eau.

Ici le canard (de barbarie) est très mal vu (plein de superstitions, et puis il est très crade), donc les gens ne l'élèvent que très peu (quelques uns dans la cour éloignent le mauvais sort... ). Les autres volailles sont la pintade et la poule, qui consomment relativement peu de verdure. Cela n'interdit pas de récolter la légumineuse de couverture comme fourrage lorsque les pluies deviennent moins importantes, avec la difficulté qu'on aura du mal à les sécher avant les vrais périodes sèches. On peut aussi les donner en vert lorsque le pâturage deviens moins fourni, ou bien cultiver des variétés précoces, etc.
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Re: Non-agir en milieu tropical

Message par Emilio le 12 Nov 2014 01:01

Interessant le sujet tropical.

Je vis en Colombie , dans l altiplano de la cordillere des Andes, climat semi-tropical d altitude a 2500 metres. Plus haut c est le paramo , a des altitudes de 4000 a 6000 m .. la il gele et la vegetation est plus rare et bien particuliere. Mes temperatures les plus fraiches sont de nuit 12 degres et de jour 18 a 20 degres. Mais tres tres pluvieux, 3 a 5 m d eau annuel . a gerer . Parce que le non agir vient , en l esperant et relativement , apres des mal agir .. des pratiques inconsiderees de paturages , et toujours en predateur de terrains gagnes sur les forets primaires .. et c est de la , dans les sommets que vient la richesse , hydrique vegetale et animale.

Il faut la plupart du temps regenerer , replanter , controler les pestes vegetales de lianes envahissantes , invasives et importees .. Controler les especes aussi .. bref recreer un etat de nature viable apres degradations. Donc agir en reparateur . C est un defi mais oui possible .. juste de l huile de coude beaucoup et encore plus d observations.

Touvert, je connais l ile de la Reunion pour y avoir vecu 10 ans .. une vieille histoire de famille bretonne aussi , Mahe de la Bourdonnais est un grand oncle eloigne ..
Des micro climats et une ile sous le vent et au vent .. donc un cote tres pluvieux et l autre tres sec .. les reponses ne seront evidemment pas les memes . Un sol riche , volcanique , mais tres erode et une cote sableuse , tres urbanisee

Je mulche avec du cyperus papyrus , papyrus du Nil , devenu endemique dans mon coin .. encore en phase d observation , puisque pas de modeles ou d exemples .. d ors et deja , impeccable pour garder l humidite en periode de niño > 2 mois sans pluies et une humidite gardee sous le mulch . Aucune limace , ce n est pas l autoroute BRF pour elles. Epaisseur 15 cm mini , 20 cm mieux.. aucunes adventices ,genre kikuyu (sauf sur les bords de potagers). Juste du trefle qui arrive a percer, ce qui ne me gene pas vu son excellent apport en nitrogen et son reseau racinaire non invasif . Je fais des sillons pour les semences , a l avenir , c est la que je mettrais mon "compost chaud". Les quelques plantes , surtout aromatiques pour l instant repondent tres bien .. les quelques salades etaient plus grosses que la moyenne et de couleurs vertes soutenues . Les lombrics commencent a etre de taille et nombreux , bon signe.
C est aussi un excellent engrais de surface , surtout dans mon cas de terre acide , 30cm d humus sur un socle argileux tres acide, pauvre en oligo elements et phosphore .
J ai quand meme travaille le sol avant de mettre en place le paillis definitif. Pas trop en profondeur non plus , au motoculteur 15 cm environ .. etendu de la chaux dolomite en poudrage pour reduire l acidite , et aussi du compost vegetal et un peu d estiercol de volaille . Et travailler legerement en terrasses .. et surtout drainage en bas de pente.

Un autre espace de potager , sans paillis avec de la courge ou potiron (auyama) .. plus tard en association des 3 soeurs , mais courges et haricots . Le sol a ete enrichi avec du brulage de mes anciens composts froids , a peine decomposes apres 3 ans (le compost anaerobie , plus jamais ).. mon dernier brulage et le nombre de papyrus brules m a donne une terre tres riche , tres humide aussi , j ai plante dans la partie haute , la mieux drainee. Resultat , un pied de courge s est invite tout seul , a prosperer et couvre toute la superficie 40 m2 environ.. gros calibre , je les vends .. elle sont organiques mais les vend comme les autres ..au grossiste du marche local permanent , a moitie de leur prix de vente client, au moins les consommateurs ne s empoisonneront pas avec des engrais et phyto de synthese , c est le principal .
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Re: Non-agir en milieu tropical

Message par Madudu le 05 Sep 2015 00:28

Woah super intéressant !

Regarde du coté de Lucien Seguy et d'une manière plus générale de ce qui a été développé par le CIRAD et l'IRD en zones tropicales humides (d'altitude ou non), ils ont surtout expérimenté au Brésil dans le Nord (super-humide) et à Madagascar (là y a de tout, et de l'altitude aussi).
Alors bon, ils travaillent en chimique et avec beaucoup de mécanisation (en plus du matériel spécifique pour le SD notamment), mais y a beaucoup de bonnes idées et de trucs osés.

Je pense surtout, en te lisant, au kikuyu : ils font du soja sous couvert permanent de kikuyu ! Apparemment ça fonctionne avec toutes les légumineuses, exactement le même principe qu'avec un couvert permanent de légumineuses dominé par des céréales, sauf que la légumineuse est au dessus de la graminée. Et dans ton coin y a de l'eau à plus savoir quoi en faire, augmenter l'indice foliaire au maximum c'est augmenter la consommation d'eau et donc diminuer les nuisances qu'elle peut occasionner (lixiviation, engorgement, érosion, ...). Après faut gérer la concurrence sur les éléments rares en zone tropical, surtout le P.

T'as des opportunités de chopper du guanno ou des phosphates (ces derniers contiennent aussi du Ca, qui fera beaucoup de bien à tes légumineuses) ?

Taro, igname, patate douce et autres tubercules qui aiment la flotte, ça se cultive dans ton coin ?
Et le riz ? Parce qu'avec toute cette flotte les canards doivent pas êtres dédaignés j'imagine, ni le poisson :)

Ils utilisent des boeufs pour la traction ? J'imagine que chevaux et ânes doivent êtres absents ^^

En tous cas super coin !
Madudu
 
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Re: Non-agir en milieu tropical

Message par carbettoubo le 24 Août 2016 22:08

Non agir, c’est effectivement beaucoup de travail : Pour ma part j’exploite une petite surface de 2 hectares en Guyane française. Sur le terrain, nous utilisons divers procédés afin de stabiliser le sol et d'éviter son acidification et son appauvrissement :
- Le compostage pour recycler les matières organiques et permettre des apports nutritifs aux arbres.
- Les techniques de conservation du sol par l'utilisation de plantes de couvertures, et de troncs positionnés perpendiculairement à la pente pour limiter l'érosion, l'absence de labour contribue également à sa préservation.
- La terra prêta par enfouissement de charbon et d'ajout de fragment de poteries, de composte à la plantation des arbres.
- Les abeilles sauvages, d’autres insectes et oiseaux participent a la pollinisation
- Les auxiliaires du jardin: les poules sont d'excellentes chasseresse de fourmis, et les oies s'occupent de tondre l'herbe les oiseaux sauvages et les chauves souries contribue limiter la prolifération des insectes et fertilisent également le terrain.
- La jachère et la mise au repos des cultures annuels par rotation.
- Les associations de plantes et d'arbres dans le même espace qui font que notre petite exploitation ressemble plus à un jardin qu'a un champ.
- En cas d'attaque ou de maladie nous préférons généralement laisser la plantes se défendre.
Sur une petite parcelle agroforestière, le non agir complet a fonctionner sur les ananas mais la taille des fruits est bien plus petites. La vanille s’en sort bien au démarrage mais elle réclame rapidement un amendement complémentaire pour ne pas dépérir.
Si Les arbres rustiques tel que le manguier, ou le mombins ne réclame que très peux de soins. Les agrumes sont quand a eux beaucoup plus fragile. Dès que l’on n’entretient pas une partie du vergé, les bois canons et les aubergines sauvages refont leurs apparitions. Un verger laissé à l'abandon est rapidement étouffé et supplanté par la forêt. Pas question de laisser les plantes colonisatrices et pionnières reprendre la main. Le non agir en milieu tropical c’est pour moi surtout laisser le temps à la plante de s’adapter simplement et sans chimie mais en la favorisant tout de même.
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