Enfouissement de matière organique et microbiologie des sols

Vie des sols, compost, brf, mulch, paillages, buttes...

Re: Enfouissement de matière organique et microbiologie des

Message par flyingdust » 28 Fév 2014 17:57

Sur plusieurs de mes chantiers, j'ai réaliser des haies mortes (branches défourchées et tassées entre des piquets), je suis passé en revoir une que j'ai fait il y a deux ans et le résultat est très intéressant.
Le bois à séché en haut, pourrit en bas, en tout les cas il est facilement brisable.
Etant élageur, j'adore la technique du brf et en même temps je répugne a me baser sur une technique demandant une machine coûteuse, énergivore et bruyante.
Il me paraît clair qu'il est difficile de faire les deux à savoir brf plus bois mort à partir de trognes, surtout qu'on a aussi besoin de se chauffer dans l'histoire.
Voilà pourquoi dans cette définition de la permaculture (efficacité et résilience) qui m'aide beaucoup à voir clair, j'opterai plutôt pour le bois mort au détriment du brf (ça ne veux pas dire ne plus en faire, mais peu).
Avec cette technique de haie morte, les avantages sont nombreux: abri pour la faune, protection du sol, microclimat, nourriture pour champignons, estétique,...
Et je me dis alors que après deux ans de séchage/pourriture, ça vaut la peine de défaire la partie supérieure de la haie morte de l'étaler au sol en la brisant bien au pied et ensuite tout recouvrir de terre (mélange semi compost/terre ordinaire), y compris la partie basse pourrie de la haie morte.
Ainsi les cycles de recyclage des matières sont respectés au maximum (puisqu'une fois que les matières sont réduites en petits morceaux, elles s'enfoncent naturellement dans le sol et c'est tout bénèf' à la fois pour la biodiversité et pour l'efficacité énergétique!
Ce que je trouve très intéressant pour faire du broyat par contre c'est le système d'épuration des eaux grises avec roseraie (le roseau est une des plantes les plus productives en biomasse en plus de nettoyer l'eau ménagère).
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Re: Enfouissement de matière organique et microbiologie des

Message par flyingdust » 10 Mars 2014 19:45

Une autre suggestion à proposer: faire des trognes avec certaines variétés dites pionnières qu'on intercale entre des fruitiers hautes tiges au début de leur croissance.
Par exemple bouleau, saule marsault, sorbier des oiseleurs. Avec les résidus de taille faire des haies mortes, du brf pour pailler le pied des fruitiers.
Quand les fruitiers haute tiges auront pris une bonne ampleur (bien compter 10 ans), abattre les trognes, billonner les et fendez les finement et laisser pourrir à même le sol (étaler les comme un lit de buches, aux dimensions au sol de la futur butte à venir, et le plus homogène possible pour éviter les poches d'air dans la butte future. En principe après 3 ans le bois devrait être vraiment spongieux du fait du contact important avec la terre.
, recouvrez le de matière azotée type gazon et déchets de cuisine, ensuite une couche épaisse de semi compost, et une fine couche de compost mûr et fin.
Ainsi il n'y aura pas eu à retourner un gramme de terre puisque celle ci vient du compost, les champignons et la vie du sol n'auront pas été dérangé et leurs bienfaits pourront profiter directement à la butte.
C'est la méthode la moins fatiguante et la plus efficace que je voie.
le seul inconvénient est qu'il faut laisser le temps faire son office, ne pas aller plus vite que la musique.
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Re: Enfouissement de matière organique et microbiologie des

Message par flyingdust » 10 Mars 2014 20:06

Je pense de plus en plus que creuser est une perte d'énergie et une perte de rendement à part pour favoriser l'installation d'un étang, d'un marais, ou d'une roseraie, d'une cave ou d'une serre souterraine profitant de la géothermie.
Il est plus intéressant de subtiliser la matière organique en ratissant les feuilles des arbres quand elles tombent, en fauchant les herbes hautes, les déchets de cuisine et la toilette sèche, et de concentrer ces matières pour en accélérer le compostage(froid si l'on veut conserver les graines, très chaud si l'on veut stériliser des herbes envahissantes)
Il suffit alors d'épandre cette matière devenue terre par dessus un écosystème végétal déjà en place (en le fauchant ou en passant la houe au préalable éventuellement s'il s'agit de plantes particulièrement compétitives) et de semer ce qu'on désire cultiver.
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Re: Enfouissement de matière organique et microbiologie des

Message par autrevie3 » 10 Mars 2014 20:57

au cas ou il y aurait confusion
mettre des matières organiques sur le sol n'est pas du compostage à froid.
seul le compostage en anaérobie avec bactéries EM est digne du mot 'compostage a froid',c'est un gain de minéraux et d'enzymes.
laisser les matières organiques en surface,à la Phillipe Foreur n'est pas du compostage,mais une forme de lombricompostage,sans les bêbêtes pour manger les matières organique ca vaux presque rien.
le compostage à chaud permet de doubler voir presque tripler la quantité d'humus contrairement à l'épandage de surface couramment utilisé par les agriculteurs.
(info de C Bourguignon)
autrevie3
 

Re: Enfouissement de matière organique et microbiologie des

Message par ecocentrePerigord » 10 Mars 2014 23:59

autrevie3 a écrit :mettre des matières organiques sur le sol n'est pas du compostage à froid.

Compostage : processus biologique assurant la décomposition des composés organiques en un produit organique stable riche en humus.

compostage à froid : ça veut dire que c'est pas du compostage à chaud.

Si mettre des matières organiques sur le sol assure leur décomposition et leur transformation en humus, alors c'est du compostage. On peut dire compostage à froid si ça monte pas en température.

autrevie3 a écrit :seul le compostage en anaérobie avec bactéries EM est digne du mot 'compostage a froid',c'est un gain de minéraux et d'enzymes.

Est-ce que ce processus anaérobique donne au final un composé stable riche en humus ? ça dira si on peut appeler ça compostage.
Je pense que l'intérêt majeur de ce processus anaérobique, c'est justement qu'il n'y a pas de respiration, et donc pas de perte d'énergie sous forme de chaleur.

autrevie3 a écrit :laisser les matières organiques en surface,à la Phillipe Foreur n'est pas du compostage,mais une forme de lombricompostage,sans les bêbêtes pour manger les matières organique ca vaux presque rien.

Si, c'est justement ça qu'on appelle le compostage à froid, en fait c'est une simple décomposition des matières comme ça se passe dans une litière forestière.

autrevie3 a écrit :le compostage à chaud permet de doubler voir presque tripler la quantité d'humus contrairement à l'épandage de surface couramment utilisé par les agriculteurs.
(info de C Bourguignon)

C'est bien si on veut mettre de l'humus dans le sol. mais c'est mois bien si on veut apporter de la fertilité rapidement disponible pour les cultures.
L'humus possède de plus grandes capacités de rétention des nutriments (et en eau) que n'importe quel autres éléments du sol. Mais il est aussi plus difficile à dégrader, ce qui fait que les nutriments restent emprisonnés plus longtemps et sont moins abondants pour les plantes.

Le défrichage forestier pour cultiver des plantes annuelles fonctionnaient ainsi :
- on défriche une forêt
- on dispose donc d'un gros stock d'humus dans le sol
- le sol est travaillé, ce qui l'aère, ce qui accélère la minéralisation de l'humus (sa dégradation)
- la disponibilité de la fertilité s'accélère avec la travail du sol
- les plantes cultivées captent cette fertilité qui est exporté par la récolte.
- plusieurs années de suite
- la fertilité et l'humus s'épuisent
- on laisse la forêt repartir
- on défriche à côté

Fukuoka a réussi à enrayer ce processus d'épuisement de la ressource en humus/fertilité par 3 moyens :
- il cultivait sous couvert permanent (induit automatiquement par le fait qu'il a arrêté le travail du sol et à refuser le désherbage systématique)
- il cultivait sous couvert de légumineuse
- il rendait les pailles au champ et n'exportait que les grains
De cette façon, le cycle d'aggradation était possible car le bilan intrant/sortant était favorable pour l'humification (c-a-d le stockage de biomasse dans le sol)
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Re: Enfouissement de matière organique et microbiologie des

Message par flyingdust » 11 Mars 2014 00:30

"le compostage à chaud permet de doubler voir presque tripler la quantité d'humus contrairement à l'épandage de surface couramment utilisé par les agriculteurs."

Est ce du au fait que lorsqu'on épand directement de la matière organique fraîche celle ci est davantage en prises avec les éléments: lessivage, emportée par le vent, déséchée par le soleil?
Si ce n'est pas ça, je ne comprend pas très bien comment le compost à chaud peut aller jusqu'à tripler la quantité d'humus formé par rapport à l'épandage.

Et en principe au plus un système de transformation monte en température au plus il donne à l'air au détriment de la terre, avec comme point culminant le feu avec la culture sur brulis, la moins aggradante et créatrice d'humus pour le sol qui soit,non?
Pour cette raison je préfère un compost à froid sauf quand je souhaite vraiment flinguer certaines grosses racines types rumex, ortie, faux fraisier, chiendent (le liseron j'ose même pas le mettre dans un compost brûlant, je crois qu'à la putréfaction de trois semaines dans l'eau pour bousiller sa racine).
Et puis pour un compost à chaud il faut avoir un gros apport en un coup de matière organique avec un bon dosage carbone/azote, ce qui n'est pas toujours facile à dénicher.
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Re: Enfouissement de matière organique et microbiologie des

Message par autrevie3 » 12 Mars 2014 13:32

tu as bien compris,les ultra violet du soleil grillent tout,en plus du vent qui déshydrate sévèrement,pour au finale que les pluies achèvent de tout emporter par lixiviation.
inutile de sortir une définition de wikipedia madame ecocentre.
le compostage est un art,balancer les matières organiques sur le sol n'a rien du subtile,sans les animaux pour faire le boulot ca vaux rien.
si l'homme a créer le mot compostage par ses actes c'est pas pour s'abaisser au même niveau que la nature.
pourquoi le compostage permet de doubler voir tripler la production d'humus?
car les actinomycètes ont calmé les bactéries ce qui laisse la place aux champignons,qui eux retiennent les minéraux.(je suppose...)
déja qu'en compostant ont récupère maximum 10% des matières,alors le 'compostage de surface' doit être dans les 2%,C.Bourguignon parle de de matières qui s'oxydent et qui 'brûlent' (un synonyme)
le compostage à froid par contre c'est proche de 100% mais cette technique est très peu connu en France.
je vais pas cracher sur le compostage de surface,si comme Philippe Foreur une couverture vient le protéger,ca devient honnête.
autrevie3
 

Re: Enfouissement de matière organique et microbiologie des

Message par flyingdust » 12 Mars 2014 21:30

Je pense que pour rester dans un compostage à froid il faut avoir un apport presque quotidien de matière fraîche (avec un maximum de matières aérées, donc pas trop de gazon ou de copeaux de bois, mais pas mal de feuilles mortes) que l'on superpose à chaque fois à la couche précédente dans un bac, placé à la mi ombre(cimes d'arbres au dessus qui amoindriraient en même temps les chutes de pluie) et dont les parois protègent du vent.

Ainsi on limite au maximum la durée d'oxydation de la surface de matériaux aux uv, la prise au vent, le lessivage, et on évite en même temps que le compost parte en température avec un apport massif de matières en un coup.
flyingdust
 
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Re: Enfouissement de matière organique et microbiologie des

Message par ecocentrePerigord » 13 Mars 2014 00:00

autrevie3 a écrit :le compostage à froid par contre c'est proche de 100% mais cette technique est très peu connu en France.

Donne des liens stp, j'aimerai bien en savoir plus sur le processus et le produit final.

Pour être mieux compris des lecteurs, je pense que ça serait plus parlant d'appeler ça "compostage anaérobique par des EM" plutôt que "compostage à froid". Dans l'esprit des gens, le compostage est très généralement perçu comme un processus aérobie, non ?

flyingdust a écrit :Je pense que pour rester dans un compostage à froid il faut avoir un apport presque quotidien de matière fraîche (avec un maximum de matières aérées, donc pas trop de gazon ou de copeaux de bois, mais pas mal de feuilles mortes) que l'on superpose à chaque fois à la couche précédente dans un bac, placé à la mi ombre(cimes d'arbres au dessus qui amoindriraient en même temps les chutes de pluie) et dont les parois protègent du vent.

Ainsi on limite au maximum la durée d'oxydation de la surface de matériaux aux uv, la prise au vent, le lessivage, et on évite en même temps que le compost parte en température avec un apport massif de matières en un coup.

Avant de réfléchir à c'est quoi le mieux, il faut d'abord définir les objectifs et les besoins.
A quoi va servir le compost ?
est-ce que c'est pour humifier le sol ? pour avoir du terreau ? pour réduire la qté de tonte ou de feuille morte ? pour ensemencer un sol en microfaune ? pour créer de la chaleur ?
Ensuite faut voir comment les matériaux arrivent, si c'est tout d'un coup ou si c'est par petite quantité dans l'année, faut voir la consistance, si c'est plutôt carbone ou plutôt azote.

et alors, on peut commencer à réfléchir aux meilleurs moyens de parvenir à ses objectifs par le processus du compostage et choisir la bonne technique.
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Re: Enfouissement de matière organique et microbiologie des

Message par sherpa421 » 13 Mars 2014 10:00

Pour moi, se pause la question de la quantité de déchet vert. Il me semble que avant de faire du compost, la priorité c'est de couvrir les zones ou il n'y a pas de couvert végétal. Vu que mon jardin n'a que 2 ans et que nous sommes encore à la fin de l'hivers, j'ai déjà à peine de quoi recouvrir le sol. Donc, est ce qu'il vaut mieux que j’utilise tout ce que je trouve pour couvrir le sol ou est ce qu'il est préférable que je laisse le sol nue pour faire du compost ?
sherpa421
 
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Re: Enfouissement de matière organique et microbiologie des

Message par flyingdust » 13 Mars 2014 10:08

"il faut d'abord définir les objectifs et les besoins"


Ben je crois que mon objectif est assez clair: avoir le maximum d'humus à la sortie du cycle de compostage.
Et je réfléchissai à comment maintenir un compost froid qui est la meilleure manière de parvenir à cet objectif.


Tu veux pas apporter ton grain de sel à ça plutôt au lieu de me dire comment je devrai réfléchir? ::d
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Re: Enfouissement de matière organique et microbiologie des

Message par autrevie3 » 13 Mars 2014 12:23

Em France
pour nourrir un sol:terreau
pour nourrir les plantes:composte
deux types d'humus s'offrent à vous
moder et mull
le moder c'est du terreau issu de la décomposition des végétaux sans le travaille d'insectes,le mull c'est plutot du composte,il est le travaille des animaux du sol.
par simplicité et pour obtenir la meilleur des qualité:lombricompostage.
y a deux façons de faire,en tour étagée pour les petites quantité et en andains pour les grosses,pour cette dernière le trie vers par vers est necessaire.
faire un tas pour que ca chauffe,puis après introduire les vers,comment avoir les lombriques? épandre une bâche y placer toutes sa lombriculture,par beau temps ratisser la surface pour récolter le lombricomposte,à la fin le tas est tout petit et gorgé de vers (ils ont fuie perpétuellement la lumière,à chaque coup de rateau) soit vous triez vers par vers soit vous placer le tout dans ou sur le nouveau tas à inoculer(de vers)
c'est une forme de compostage à froid.
autrevie3
 

Re: Enfouissement de matière organique et microbiologie des

Message par flyingdust » 13 Mars 2014 13:40

T'aurais un lien pour cette méthode autrevie? L'explication est un peu courte pour que je pige l'intérêt d'inoculer des vers, jusqu'à maintenant ils sont toujours venus par eux même et en très grand nombre dans le tas de compost.
Qu'est ce que tu entends par endains? Un simple tas?
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Re: Enfouissement de matière organique et microbiologie des

Message par flyingdust » 13 Mars 2014 13:52

http://science-univers.qc.ca/horticultu ... stage.html

Ca demande de bien doser les matières pour se passer d'interventions physiques.
Ca reste un peu court parce qu'il y a certainement beaucoup de savoir faire derrière pour éviter que les plantes mises dedans (rumex, faux fraisier, etc...) se réenracinent, graines, et envahissent le compost.
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Re: Enfouissement de matière organique et microbiologie des

Message par ecocentrePerigord » 13 Mars 2014 15:04

flyingdust a écrit :http://science-univers.qc.ca/horticultu ... stage.html

merci pour le lien

ça dit pas si c'est anaérobique... m'enfin je crois comprendre, vu que c'est ensemencer avec de la terre, et que ça doit rester humide (donc que l'eau s'en va, et si elle s'en va c'est qu'elle est remplacé par ... de l'air), que ça doit être aérobique.
ça a l'air évident que ce type de processus donne une quantité finale plus importante qu'un compostage à chaud.
...
mais faut voir le temps que ça prend !
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Re: Enfouissement de matière organique et microbiologie des

Message par flyingdust » 13 Mars 2014 18:29

Une autre méthode, plus conventionnelle,
une sorte de compost tiède, sans arrosage avec aération de côté avec des bamboux.
http://jardinonssolvivant.fr/compostage ... rf-breton/
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Re: Enfouissement de matière organique et microbiologie des

Message par Krissounette » 16 Mars 2014 14:08

Le lien ci dessus en particulier me fait penser à la technique en composteur.
Ce n'est pas si différent que ça en fait. Les recommandations : équilibrer les matières azotées et carbonées, essayer de maintenir une légère humidité, ne pas retourner (cf la suite) ni tasser. Il est également recommander de ne pas mettre de grande quantité de tonte à la fois. En fait c'est surtout pour recycler les restes de cuisine. Du coup c'est des apports réguliers et petits à chaque fois. L'idée de couche alternées n'y est pas, mais il reste l'idée de mélanger et équilibrer matière azotée et carbonée. C'est toujours de l'empilement. Il y a une trappe en bas pour récupérer le compost mûr. Au lieu de faire un tas ou une boîte qu'on remplie et de passer à un(e) autre successivement, le processus est en continu. On prend en bas et on ajoute en haut. C'est en tout cas les recommandations qui ont circulé dans ma ville. ça m'a l'air d'être du compostage à froid, ou du moins approchant.

L'étalement des restes de cuisine et jardinage en surface m'apparait vraiment à éviter pour tout ce qui est plutôt vert, humide, frais (reste BRF, feuilles mortes...).
Mais en y réfléchissant, ce qui compte est de mettre sous couvert. Il en va autant pour le frais que pour le compost bien mûr et tout stade intermédiaire. C'est alors une question pratique. Jeter directement sur les buttes (ou non buttes) n'est pas l'idéal. Le mettre sous le paillage, n'est pas très pratique même avec un paillage qui peut se retire et se remettre facilement (tapis de paille par exemple), en particulier pour répandre homogènement.
D'un autre côté, je tendrais à privilégier les matières les moins décomposées. Pourquoi ? Parce que je veux favoriser la vie et son "travail" dans le potager, pas dans le composteur ou tas. Je pense surtout aux vers. Je veux qu'ils travaillent la terre en profondeur (venir bouffer les matières végétales vers la surface...) et produisent le complexe argilo humique où je cultive en priorité. Pour les champignons rhizomatiques, je ne sais pas si ça nuit beaucoup de les déplacer en quelque sorte. Peut être s'implantent-ils mieux en les invitant (à coup de lignite) à l'endroit même où on les veut en priorité (en fait je les veux partout, mais il y des priorité. De manière plus générale, plus le compost est mûr, moins il y a bouffer pour les organismes vivants. L'énergie est utilisée dans le composteur au lieu du jardin.

à ce stade de ma réflexion, je pense mettre tout ce qui y va dans le composteur, en prenant garde aux équilibres évidemment. Et prendre en bas le composte le plus mûr pour les semis, dont j'intègrerai une bonne part du compost à la butte lors du repiquage. D'autre part, prendre en haut, le plus frais, quand je prépare une butte ou autre occasion d'étaler sur la butte avant de (re)mettre du paillage.
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Re: Enfouissement de matière organique et microbiologie des

Message par flyingdust » 16 Mars 2014 23:18

@ Krissounette: je partage tout à fait ton point de vue.
Le compost fini pour les semis et les poquets et le semi compost pour la conception des buttes.
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Re: Enfouissement de matière organique et microbiologie des

Message par Renaud » 23 Mars 2014 20:27

autrevie3 a écrit :le compostage est un art,balancer les matières organiques sur le sol n'a rien du subtile,sans les animaux pour faire le boulot ca vaux rien.
si l'homme a créer le mot compostage par ses actes c'est pas pour s'abaisser au même niveau que la nature.
je vais pas cracher sur le compostage de surface,si comme Philippe Foreur une couverture vient le protéger,ca devient honnête.


Le permaculteur observe la nature et la copie ou s'en inspire .. pour créer ..
L'homme a créé le compostage pour 'faire mieux' que la nature. Mieux = plus vite, plus efficace, ...
N'Est-ce pas cette fameuse habitude de l'homme de toujours faire plus, plus vite, mieux, plus fort ?
Ne va-t-on pas de cette manière retomber dans le travers de l'agriculture conventionnelle qui a pour objectif de produire plus, plus vite, quels que soient les moyens utilisés?
Où est la limite?

Biensûr on ne va pas rester à l'âge de pierre.
Si ces EM présentent une bonne solution, pourquoi ne pas les utiliser.
Vais faire un peu de recherches là-dessus.

Pour moi s'abaisser au niveau de la nature n'est pas négatif, ni limitant ..
Quel est l'intérêt d'aller plus vite ? croire que l'on gagne du temps, donc que c'est mieux?
Si l'on se place dans le contexte d'une pénurie alimentaire globale, ça va devenir intéressant d'aller plus vite pour fabriquer du compost. Quoique .. ça se discute

Dans le cycle naturel (en forêt par ex) la matière organique tombe sur le sol et c'est l'écosystème du sol qui s'occupe de transformer cette matière organique.
Cette fonction est interne au sol. L'homme essaie de l'externaliser.
D'accord avec toi Autrevie que la matière organique mise sur le sol doit être couverte pour ne pas être dégradée par les UV du soleil.
Renaud
 
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Re: Enfouissement de matière organique et microbiologie des

Message par Krissounette » 23 Mars 2014 21:49

Le compostage à froid va t-il plus vite que ce qui se passe naturellement ?
Il me semble que ça doit être équivalent puisque les décomposeurs sont les mêmes et les conditions proches.
En revanche quand il y a fermentation brutale avec gros dégagement de chaleur, ça vire (voire tue) les décomposeurs équivalents aux sauvages dans un premier temps. Premier temps qui est aussi accéléré par les bactéries et levures anaérobies. Mais ce n'est pas ce que nous cherchons.

Il y a quelques jours j'ai constaté que mon composteur (assez mal géré au début), juste au dessus d'une couche de compost fait (pas trop en fait) contient une grosse couche bien collante qui ne voulait même plus descendre. Pas génial. A l'époque d'où provient cette couche, le composteur était principalement alimenté en déchets de cuisine et manquait clairement de carbone + léger excès d'eau. Ce qui est intéressant, c'est que le tas à côté où étaient jetés les branches, certaines parties de plants de légumes, des épineux, etc. surtout ce qu'il ne faut soit-disant pas mettre au composteur, et qui semblait ne pas bouger... très peu profond sous la couche de branchage feuillage j'ai découvert un bon compost. Ce procédé a un inconvénient, c'est les couches supérieurs (ajoutées au fur à mesure) sont cramées par le soleil, éventuellement séchées, même si c'est dans un coin assez ombragé et à l’abri du vent.

J'en conclue que le compostage en tas alimenté en continu (j'ai une branche, je l'y mets) - et non un tas monté en une fois - peut-être une bonne solution à l'ombre. Le tas ne dois pas être trop exposé à la pluie ni au vent. De même, sous un couvert végétal où a une occasion d'ouvrir le paillage, les débris végétaux frais peuvent être mis sur la terre.
Pour les autres cas, je privilégierais un composteur. Dans mon cas j'en ai un fourni par la mairie, mais pour 3 personnes, 500m² de terrain non construit (vers là, je ne sais pas précisément) et surtout la volonté de ne jamais plus aller jeter des débris végétaux en déchetterie ce n'est pas suffisant. Je compte donc, quand le temps me le permettra, aller chercher des branches probablement de noisetiers couper sous une ligne électrique (massacre laisser à l'abandon :-/ ), pour construire avec un composteur qui laisse assez passer l'air mais protège du soleil. Ainsi je pourrais tout mettre dedans (tomates, ronces, rosiers... peut-être pas lierre ou chiendent par contre), mais en dosant et alternant les couches. Les petites branches pourront bien y aller tel quel.
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